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L’épidémiologie des cancers ORL

Les Facteurs de risques

Deux facteurs de risque majeurs des cancers de la bouche, du pharynx et du larynx ont été formellement identifiés : le tabac et l’alcool. Leur rôle est confirmé, en particulier, par la distribution géographique et l’évolution dans le temps de ces cancers. Ainsi, le plus grand nombre de cas est observé dans les régions où la consommation d’alcool et de tabac est la plus importante ; à l’inverse, la baisse de cette consommation s’accompagne d’une diminution de leur fréquence.

Les personnes les plus exposées au risque de cancer ORL sont celles qui, à la fois, fument et abusent des boissons alcoolisées. Cette double consommation est en effet une association explosive, car les actions néfastes du tabac et de l’alcool ne s’additionnent pas, mais se multiplient. Les spécialistes évoquent un risque multiplié par 37 chez les grands fumeurs-buveurs.

Le développement des cancers de la bouche et du pharynx est également favorisé un mauvais état bucco-dentaire.
Le risque de faire un cancer augmente avec l’importance et l’ancienneté du tabagisme et de l’alcoolisme.

Il faut savoir que, contrairement à une idée fausse assez répandue, les cigares et cigarillos ainsi que la pipe sont aussi dangereux que les cigarettes. Les auteurs d’une étude réalisée au Centre international de recherche sur le cancer de Lyon soulignent ainsi que, quelle que soit l’origine du tabac fumé, les risques sont les mêmes, notamment en ce qui concerne les cancers du poumon, de la bouche, de l’œsophage et du larynx.

Le sujet le plus exposé

Un homme âgé de 50 à 65 ans, qui fume plus de 20 cigarettes par jour et consomme des quantités excessives de boissons alcoolisées.

Les effets du Tabac et de l’Alcool

Le tabac et l’alcool

La fumée de cigarette contient de très nombreuses substances irritantes, toxiques et carcinogènes bien connues, parmi lesquelles des goudrons, de la nicotine, du monoxyde de carbone, de l’ammoniac, de l’acide cyanhydrique, etc. Logiquement, la bouche du fumeur, puis son appareil respiratoire sont en première ligne. Les lèvres et la langue sont directement exposées à la chaleur dégagée lors de la combustion du tabac, qui atteint une température de 850 °C ! Elles deviennent le siège de brûlures chroniques. Ces lésions abîment les muqueuses buccales et entraînent une destruction des papilles gustatives. Les effets de la chaleur se propagent également au niveau des voies respiratoires.
Lors de l’inhalation de la fumée, les composés toxiques du tabac passent dans l’appareil respiratoire, puis dans le sang qui les distribuent dans l’organisme. Toutes ces perturbations font le lit des lésions précancéreuses et cancéreuses.
Les mécanismes par lesquels les boissons alcoolisées favorisent l’apparition des cancers ORL sont moins bien connus. Mais on sait que l’alcool provoque, lui aussi, une irritation locale et perturbe les défenses immunitaires

Qui sont les buveurs excessifs ?

Le danger de l’alcool pour la santé vient moins des ivresses ponctuelles que d’une consommation régulière excessive. Or, nombreuses sont les personnes qui boivent trop de boissons alcoolisées sans s’en rendre compte, à l’occasion, par exemple, des repas de travail ou des réunions entre amis. Comme le souligne le Comité français d’éducation pour la santé (CFES), « c’est au quotidien que l’on s’alcoolise petit à petit ».

Un petit test simple, le questionnaire DETA, permet de suspecter une consommation excessive d’alcool.

Le questionnaire DETA

  • Avez-vous déjà ressenti le besoin de diminuer votre consommation de boissons alcoolisées ?
    Oui-Non
  • Votre entourage vous a-t-il déjà fait des remarques au sujet de votre consommation ?
    Oui-Non
  • Avez-vous déjà eu l’impression que vous buviez trop ?
    Oui-Non
  • Avez-vous déjà eu besoin d’alcool dès le matin pour vous sentir en forme ?
    Oui -Non

La personne interrogée a probablement des problèmes liés à une consommation excessive d’alcool si elle répond positivement à au moins deux questions sur les quatre que comporte le test.

La prévention tabagique

Le sevrage tabagique

La prévention des cancers de la bouche, du pharynx et du larynx repose essentiellement sur la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme.

La nicotine contenue dans les cigarettes entraîne une dépendance. Ce qui explique les difficultés de sevrage tabagique observées chez de nombreux grands fumeurs. Un questionnaire, dit de Fagerström, permet de savoir s’il existe une dépendance et quelle est son intensité. Certains parviennent à s’arrêter de fumer sans problème. D’autres, en revanche, ont besoin d’une aide médicale.

N’hésitez pas à demander de l’aide à votre médecin. Il pourra vous prescrire des produits à base de nicotine, qui facilitent le sevrage. Ces médicaments se présentent sous la forme de timbre (patch), en gomme à mâcher ou en comprimés à laisser fondre sous la langue. Vous pouvez également demander de l’aide à votre pharmacien qui peut délivrer des traitements de sevrage tabagique sans prescription médicale.

Le questionnaire de Fagerström

1. Dans quel délai après le réveil fumez-vous votre première cigarette ?
– moins de 5 minutes……….3
– 6 à 30 mn…………………2
– 31 à 60 mn…………………1
– après 60 mn……………..0

2. Trouvez-vous difficile de ne pas fumer dans les endroits interdits ?
– oui…………………….1
– non……………………..0

3. Quelle cigarette trouvez-vous la plus indispensable ?
– la première……………..1
– une autre……………….0

4. Combien de cigarettes fumez-vous par jour ?
– 10 ou moins……………..0
– 11 à 20………………….1
– 21 à 30………………….2
– 31 ou plus………………3

5. Fumez-vous de façon plus rapprochée dans la première heure après le réveil que pendant le reste de la journée ?
– oui…………………….1
– non……………………..0

6. Fumez-vous même si une maladie vous oblige à rester au lit ?
– oui…………………….1
– non…………………….0

  • Si votre score ne dépasse pas 2, vous n’êtes pas dépendant
  • Si votre score est de 3-4, vous êtes faiblement dépendant
  • Si votre score est de 5-6, votre dépendance est moyenne
  • Si votre score est de 7-8 ou de 9-10, votre dépendance est forte ou très forte.

Le sevrage alcoolique

Il n’est pas toujours facile d’arrêter de boire de l’alcool. Comme pour le sevrage tabagique, le médecin peut donner des conseils et, en cas de besoin, prescrire un médicament destiné à « dégoûter » de l’alcool.
Les personnes qui désirent continuer à consommer des boissons alcoolisées, mais de façon modérée, ne doivent pas dépasser en moyenne 2 ou 3 unités d’alcool par jour pour les femmes 3 ou 4 unités pour les hommes. Cette différence s’explique par le fait que les femmes sont plus sensibles aux effets de l’alcool que ces derniers.

Une unité correspond à 10 g d’alcool, soit, selon le CFES :

  • une chope de bière à 5° (25 cl)
  • une coupe de champagne à 12° (10 cl)
  • un verre de vin à 12° (10 cl)
  • un verre d’apéritif à 18° (6 cl)
  • un verre de whisky à 40 ° (3 cl)
  • un verre de pastis à 45° (un peu moins de 3 cl)

Il faut aussi savoir que :

  • même si on rajoute de l’eau ou une boisson sucrée dans le verre, la quantité d’alcool reste identique : « noyer » son whisky ne le rend pas moins nocif
  • on ne s’habitue jamais à l’alcool, même si on en boit régulièrement
  • l’alcool ne donne pas des forces : ses calories sont inutiles. On parle d’ailleurs de calories « vides »
  • aucun moyen ne permet de faire baisser plus rapidement le taux d’alcool dans le sang (alcoolémie).

La santé bucco-dentaire

La prévention de ces cancers passe aussi par le maintien d’un bon état bucco-dentaire grâce à une hygiène rigoureuse et à des visites régulières chez le dentiste.

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