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Les traitements du cancer primitif du foie

A l’heure actuelle, deux traitements sont considérés comme curatifs du cancer primitif du foie : la transplantation hépatique et la résection chirurgicale. Le traitement palliatif peut être réalisé par alcoolisation, chimio-embolisation intra-artérielle hépatique et hormonothérapie.

La transplantation hépatique a pour avantage de traiter la tumeur et l’hépatopathie sous-jacente. Elle est réalisable lorsque les nodules sont de petite taille (< 3 à 5 cm) et peu nombreux (3). Selon les études, la survie à 3 ans varie de 60 à 74 %. Cette solution est malheureusement rarement réalisable du fait de l »ge du patient (souvent supérieur à 60 ans au moment du diagnostic), de l’évolution de la tumeur entre l’inscription sur la liste d’attente de greffe et la date de la greffe. Un traitement par alcoolisation ou chimio-embolisation avant la greffe pourrait améliorer les chances de greffe. La résection chirurgicale est indiquée lorsque la tumeur est de petite taille, pauci-nodulaire, localisée et sans thrombose portale. Elle est contre-indiquée en cas d’insuffisance hépatique (risque d’aggravation après résection). La survie à 3 ans est estimée entre 30 et 60% et le risque de récidive important en particulier à distance du foyer d’exérèse.

L’injection intra-tumorale d’alcool sous échographie entraine une nécrose hépatocytaire et des thromboses vasculaires locales. La tumeur doit être de petite taille et pauci-nodulaire pour pouvoir espérer une nécrose totale. La présence d’une ascite ou d’une insuffisance hépatique contre-indique cette technique. Elle est réalisée en plusieurs séances souvent suivies de douleurs abdominales en général modérées. Lorsque la tumeur est unique et de taille ( 5 cm, la survie à 3 ans est environ de 60 %. Cinquante pour cent des tumeurs récidivent à ce terme.

La chimio-embolisation par injection locale intra-tumorale de chimiothérapie suivie d’embolisation artérielle est responsable d’une nécrose cellulaire. Les séances se compliquent fréquemment d’un syndrome douloureux abdominal, de fièvre et d’aggravation ou d’apparition d’une insuffisance hépatique parfois fatale. Ce traitement est également contre-indiqué en cas de thrombose porte et d’insuffisance hépatique. Il diminue la taille de la tumeur sans augmenter la survie du patient (à cause de la fréquence des effets secondaires sévères). Elle est moins souvent utilisée seule mais plus souvent en attente d’un greffon.

Souvent le traitement ne sera que palliatif : tamoxifène (Nolvadex), radiothérapie à visée antalgique ; la chimiothérapie générale ou intra-artérielle hépatique ainsi que l’embolisation de la tumeur paraissent d’assez peu d’efficacité et non sans risque ni inconfort.

Le mauvais pronostic global des hépatocarcinomes, en particulier découverts à un stade tardif, souligne l’importance d’un dépistage (par une échographie et un dosage sérique de l’alpha-foeto-protéine semestriels) et d’un diagnostic précoce.